Un reportage dans notre classe de première L sur Radio France International!

La journaliste Charlie Dupiot est venue enregistrer l’un de nos cours, pendant que nous transposions Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline sur Facebook! Notre petit témoignage est venu ensuite s’insérer dans une belle émission « 7 milliards de voisins », sur RFI, consacrée aux écoles différentes, comme Montessori…. Parce que notre expérience, mine de rien, essaie aussi, à sa manière, de réconcilier enseignement et plaisir d’apprendre. N’hésitez pas à me confier vos impressions: je peux vous dire en tout cas que ce témoignage, le fait d’avoir laissé entrer un journaliste dans une salle de classe pour enregistrer une séance (qui n’a pas été parfaite), des témoignages d’élèves libres de dire ce qu’ils voulaient (encore heureux), etc… tout ceci m’a fait avoir quelques sueurs froides. Mais je ne regrette vraiment pas d’avoir témoigné, car au moins, on peut se dire que nous ne laissons pas l’innovation aux écoles privées: dans nos lycées « ordinaires » aussi, on innove! Et il faut faire sortir cela de nos salles de classe, parce qu’on en a un peu marre d’entendre que ‘ »l’enseignement français est sclérosé… »

J’ai fait un petit montage pratique pour que vous puissiez écouter directement ce qui concerne notre cours…. L’intégralité de l’émission dédiée aux méthodes d’enseignement alternatives, est disponible ici :  http://m.rfi.fr/emission/20151030-ecoles-differentes

 

Pas toujours facile d’être l’innovant de service…

céline

Vous êtes prof, vous vivez votre petit travail avec vos élèves à votre façon, et vous ne voyez pas forcément les choses venir:  vous menez un projet pédagogique un peu original, puis deux, et maintenant… ça fait quelques années que vous partagez sur le site de l’académie des scénarios de cours qui utilisent le numérique.  Et vous n’y pouvez pas grand-chose: on vous a collé l’étiquette plutôt flatteuse « d’enseignante innovante ».J’ai parfois éprouvé ça comme une contrainte, en me disant « mais que vais-je pouvoir encore bien inventer? », et puis finalement, les projets nouveaux arrivent d’eux-mêmes, chaque année, bien naturellement…

Ma logique a toujours été celle du partage: si je tente des expériences, parfois bonnes, parfois moins réussies, il me semble utile de participer à la construction de ce réseau de ressources innovantes. Ecrire après les avoir menées un compte-rendu de ces petites aventures pédagogiques, c’est à la fois opérer un travail d’analyse sur ce qu’on a fait pour essayer d’aller plus loin, en revoyant les choses pour les faire progresser, et aussi offrir aux autres au moins des bribes d’idées pour qu’eux-mêmes inventent à leur tour de nouvelles formes pédagogiques.

Alors bien sûr, tout ne va pas toujours comme sur des roulettes. Aujourd’hui, j’ai accepté la venue d’une journaliste de RFI dans ma classe un jour où nous tentions une expérience assez originale: transposer le roman Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline, sur Facebook. J’avais créé les comptes Facebook de 10 personnages du roman, dans la perspective d’organiser, dans le temps d’une séance de deux heures, un voyage collectif dans le roman. Les élèves n’ont pas tous été parfaits, loin de là,  et on peut se demander, cette fois, si le ludique n’a pas pris le pas sur l’objectif pédagogique. Si je relis en définitive la production des élèves lors de cette séance sur le site Facebook, cela n’a pas été nul, loin de là, https://www.facebook.com/profile.php?id=100010363241200&pnref=story mais au début, l’aspect amusant de la démarche a suscité chez quelques uns le désir d’écrire quelques bêtises. Il a fallu faire des rappels à l’ordre (alors que jusqu’ici, quand j’ai tenté l’aventure, les élèves s’étaient bien tenus…) et j’ai été tout de même déçue de donner à notre invitée une image mitigée de cette pratique innovante.

Mais innover est une pratique risquée, et il ne faut pas idéaliser le cours innovant. Il est parfois moyennement réussi. Il faut savoir le reconnaître!  L’important est d’en tirer des leçons et de ne pas renouveler ce qui nous a déçu, mais surtout, il faut continuer l’expérimentation, en la faisant évoluer et ne pas se décourager. Je ne regrette pas la prise de risque, y compris ma propre exposition en situation plus ou moins inconfortable! La pratique innovante doit sortir du secret des salles de classe, si l’on veut montrer que le métier peut s’adapter aux transformations du monde. Bref, je ne sais pas trop ce que donnera le montage de l’émission « 7 milliards de voisins » sur RFI le 30 octobre, mais si par hasard vous l’écoutez, merci d’être indulgent…