Avignon: j’aime/je n’aime pas

Je n’aime pas

  • Le snobisme des gens qui méprisent ceux qui vont voir plus de spectacles du Off que du IN
  • La vacuité de certains spectacles du In qui ont eu plein de subventions pour aboutir à des résultats peu convaincants, comme « Jamais assez » cette année
  • Les réactions effarouchées d’un certain public comme il faut à la vue d’un homme nu sur scène, ouhlala, comme si un zizi à l’air qu’ils voient à 200m de distance au milieu d’une foule en plein palais des papes les menaçait personnellement de viol
  • Le fait que certains spectacles du In sont semble-t-il réservés à une élite qui je ne sais comment réussit à avoir des places (pour le Richard III d’Ostermaier par exemple) alors que toi, pauv’ fille, en t’y prenant à l’heure même de l’ouverture des réservations tu n’as pas pu en avoir
  • Le fait que toi, n’y connaissant pas grand-chose, tu réserves les spectacles du In qui coûtent cher à l’aveuglette alors que les initiés savent à l’avance ce qui en vaut la peine ou pas – et donc au final tu te fais avoir en beauté la moitié du temps
  • Les gens qui croient que les enfants vont aller voir forcément le petit Chaperon rouge mais surtout pas de la danse contemporaine ou un Marivaux et qui te jettent des regards désapprobateurs, quand ils ne se mettent pas à faire des réflexions à voix haute

 

J’aime

  • Rencontrer des gens déguisés en homard, en grenouille ou en bonne sœur à l’angle de chaque rue comme si c’était tout à fait normal
  • Parler des spectacles qu’on a vus avec des inconnus
  • Découvrir le chorégraphe Yvann Alexandre, dont les Soli noirs sont d’une précision et d’une profondeur très marquantes
  • L’hôtel et le café où j’ai mes habitudes, les rues, le palais, la ville quoi…
  • Découvrir le travail de Tiago Rodriguès sur Antoine et Cléopatre en portugais, dont le langage dramaturgique incroyable relève de l’invocation, pour permettre l’incarnation. Il est à la fois dans la distance et au plus près des personnages, de chacune de leurs respirations : c’est une façon très poétique de les faire vivre. Il y a dans ce spectacle une grande simplicité dans la narration dépouillée, entre marionnettes invisibles et conte du sud ; mais aussi une complexité sous-jacente étonnante, qui va jusqu’à l’échange imperceptible des rôles. Il me restait d’Antoine et Cléopâtre, que j’ai découverts en hypokhâgne, quelques phrases de Shakespeare, et surtout « Que je sois couchée nue dans la vase du Nil ! », qui contient à la fois une passion irraisonnée et une sensualité folle : et j’ai l’impression que Tiago Rodriguès a su concentrer justement l’essentiel de cette pièce, son authenticité dans son texte très beau.
  • Les surprises
  • Découvrir Israël Horowitz à quelques pas de soi
  • Rencontrer des anciens élèves étudiants qui jouent une pièce dans le festival, alors qu’on a monté avec eux de petits projets théâtre quelques années auparavant, se sauter au cou réciproquement, et trouver que tout ça a du sens !

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