Désolés… Nous ne sommes pas Céline Alvarez, nous ne sommes QUE des profs…

cloud-1140502_960_720On avait pourtant le choix de notre carrière. Il y aurait bien eu cette solution: passer trois ans dans l’éducation nationale, et devenir Jésus… je veux dire Céline Alvarez… C’est à dire faire des miracles, (imposer nos mains montessoriennes afin que tous les enfants deviennent Einsten à la sortie du berceau) puis rapidement devenir Martyre – crucifiée par l’éducation nationale- avant la résurrection médiatique sous la forme d’un livre qu’on multiplie comme les petits pains.

Mais non. Nous, on a préféré un truc moins glamour, moins paillettes, moins papier glacé, et moins mystique. Au lieu de devenir Jésus-des-écoles, ou Céline Alvarez, on a voulu devenir enseignants.

C’est à dire qu’on est depuis des lustres (23 ans pour moi) les mains dans le cambouis pédagogique en banlieue populaire ou ailleurs dans un trou de campagne, à essayer des trucs, à monter des projets. Oui, parfois ça marche, parfois ça fonctionne moins. On participe à des groupes de recherches, on part sur les pistes de Célestin Freinet, voire de Maria Montessori, on organise des forums d’enseignants innovants, on met en place des classes sans notes, on participe à des formations, on devient même formatrice soi-même, ou bien on expérimente les classes inversées, que sais-je encore. Parfois on expérimente moins et on essaie juste de faire de son mieux. On n’a pas LA recette miracle, c’est vrai.

Je dois dire qu’au départ je n’avais pas du tout envie de me moquer de Céline Alvarez. J’adore, au contraire, quand à la rentrée, des collègues publient des livres: enfin on voit des profs dans les médias!… Et quelqu’un qui fait l’éloge des pédagogies actives, de la bienveillance, c’est génial! Oui, il faut promouvoir ces pédagogies. Oui il faut croire aux potentiels des enfants, mélanger les niveaux quand c’est possible. Ecouter les chercheurs. Je suis à 100% d’accord. Que Céline Alvarez diffuse ses techniques sur son blog, et que cela se popularise en maternelle, mais c’est absolument formidable!

Ce qui a commencé à m’énerver, en fait, ce sont les gros titres des journaux qui portaient surtout sur le fait que l’éducation nationale l’avait chassée comme une malpropre et que le système refusait ce genre de propositions pédagogiques. Pourtant d’un autre côté, elle disait que de toute façon, elle n’avait jamais voulu être enseignante. Alors en définitive, a-t-elle été chassée, ou bien son départ était-il planifié? Il faudrait un peu de cohérence… Les commentaires en bas des articles, il faut les lire… Ils sont plutôt de ce genre: “enfin une prof qui fait des miracles et évidemment personne ne veut l’entendre, bien sûr, car l’éducation nationale est pourrie”..

Finalement, dans les titres des journaux, le message n’était pas avant tout fondé sur la promotion de ces systèmes de pédagogie active qui me sont si sympathiques, mais bien plutôt accentué sur le dénigrement sans nuance de l’existant.

Pourtant, heureusement, nous ne sommes pas toutes des Céline Alvarez: heureusement, nous n’abandonnons pas le navire, et nous restons à bord pour tenir le cap -vogue-la-galère- même quand notre matériel est pourri, même quand tout ne va pas comme on le souhaite exactement.

Le problème, c’est qu’en affichant cette volonté d’emblée de ne pas vouloir être enseignante, mais juste de faire trois petits tours dans le système et de repartir, il y a une posture implicite qui semble sous-entendre une forme de mépris vis à vis des autres profs: elle est “au-dessus” de toute façon, -être instit n’est pas assez bien- elle ne vient là que pour nous révéler la Vérité (de la part du Dieu des écoles) car nous errons tous, depuis des millénaires, dans l’Erreur.  Le reste de l’éducation nationale serait plongée dans les ténèbres des Abysses pédagogiques les plus profondes, allergique au moindre rayon de lumière didactique qu’elle nous apporterait enfin pour nous sauver.

Non, enseigner, ce n’est pas faire des miracles, ni vendre des promesses de miracles aux parents. C’est accompagner au long cours des enfants tels qu’ils sont, le plus loin possible. C’est affronter à leurs côtés des conditions matérielles qui n’ont souvent rien d’idéal pour faire le pari d’apprendre des choses ensemble. Et peut-être d’ailleurs le réel problème ne vient-il pas de Céline Alvarez elle-même, mais de la façon dont les médias se sont emparés d’elle. Je suis convaincue qu’on n’arrangera jamais les choses en détestant encore plus notre école et nos profs. N’avançons pas contre le système, pour le pulvériser, mais avec lui, pour l’améliorer, tous ensemble, de l’intérieur. Et nos élèves progresseront.

 

 

Post-scriptum: Je ne voulais pas faire d’article au départ, car en écrivant sur le sujet on l’alimente, et puis forcément, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec Céline Alvarez ne sont que des aigris, des méchants, des envieux, ces profs pourris qu’elle pourfend… (Mais, trop tard, l’article est sorti tout seul quand même!)

83 thoughts on “Désolés… Nous ne sommes pas Céline Alvarez, nous ne sommes QUE des profs…

  1. Bonsoir, ce que vous écrivez est très juste.
    Je suis pourtant depuis plusieurs années Celine Alvarez et je comprends tout à fait ce que vous ressentez.
    Néanmoins, je ne suis pas professeur des écoles, je suis Graphotherapeute, et j’ai une école de formation ou je forme de plus en plus d’enseignantes, qui comme vous se battent pour apporter des solutions avec des budgets restreints, qui mettent comme vous dites les mains dans le cambouis, le plus souvent seules. Alors je réalise en vous lisant que l’on vous mets en effet dans la cases des “à côté de la plaque” alors que pour la plupart d’entre vous, vous essayez avec des effectifs et un programme surchargé de faire au mieux.
    Je vous remercie pour cet article
    Nathalie Schwarz

  2. Un très grand merci pour ce message que je vais faire suivre avec un immense plaisir. Je suis comme vous sidérée par l’acharnement médiatique contre l’école. En mordant l’Education nationale, en parlant “des profs” comme s’ils en crachaient un morceau. les journalistes semblent ignorer l’histoire des idées et les idéologies larvées. Ils prônent, sous couvert de pensées pédagogiques, des écoles élitistes payantes, qui font aux parents des promesses magiques *.
    L’honnêteté humaine et intellectuelle, l’humilité, mais aussi la fierté et l’engagement des enseignants sont des qualités qui sont peu racoleuses, moins médiatiques que le fait d’avoir “infiltré l’école” ( interview de Céline Alvarez dans Télérama l’an passé) mais qui accompagnent chaque jour les nombreux élèves de l’école publique (laïque et gratuite!). Quand je lis “d’abord institutrice, puis devenue pédagogue”, je suis déroutée… Aurais-je après 44 ans au coeur du système éducatif oeuvré et erré sans atteindre cette apothéose? Notre jeune martyre a visiblement eu la “révélation” a posteriori de la pédagogie de Maria Montessori. Mais pourquoi cet engouement soudain? Pourquoi ne pas souligner, dans certaines théories pédagogiques, les liens, historiques, avec le religieux, l’élitisme et le politique. Je vous remercie d’avoir cité Célestin Freinet qui a toujours oeuvré au coeur de l’école publique et défendu les valeurs républicaines. Je tremble quand on cite Rudolf Steiner sans parler de son idéologie. Je suis peinée quand le fils d’Arno Stern se vante dans son livre de ne jamais être allé à l’école (dommage, tous les enfants ne sont pas les fils de son père…). Quel triste discrédit de l’école, de l’éducation et de l’instruction, quel prosélytisme pervers relayé sans nuance par les médias… quelle méconnaissance de ce qui se déroule réellement dans nos écoles, nos collèges et nos lycées. Toutes mes félicitations.
    * Suis l’auteure d’un rapport sur “les dérives de l’instruction dans les écoles privées hors contrat, ou le terreau de l’endoctrinement”

    • Merci, votre message me touche beaucoup. J’étais un peu embêtée tout de même à l’idée d’avoir critiqué ce qui pouvait apparaître comme une démarche pédagogique positive au départ. Mais c’est assez difficile de supporter ce discours qui veut laisser penser- de façon assez insidieuse dans son cas- que le meilleur ne peut avoir lieu qu’en dehors de l’école publique. Où nous ne ferions rien, à part broyer les enfants.
      Les médias ont besoin de storytelling. Ce scénario christique et sacrificiel de la jeune femme surdouée, seule face au système qui broie les enfants, venait à point.
      Et bravo d’avoir élaboré ce rapport.

  3. J’ai pris un grand plaisir à vous lire.
    A propos de belles recherches / découvertes pédagogiques, connaissez-vous la pédagogie Reggio Emilia ? Pas de Jésus cachés là mais beaucoup de belles choses pour avancer et faire avancer nos élèves.
    Belle cintiinuation et bon cambouis

  4. Je pourrais me retrouver dans ce que vous écrivez si. Si je n’avais pas suivi l’aventure de CA, si je n’avais pas été à ses conférences et si je n’avais pas lu son livre. Elle n’est pas ce que les médias montrent. Elle ne veut pas tuer l’école publique. Au contraire ! Elle voudrait que les dirigeants prennent enfin conscience que ça ne va pas et apporter des réponses sans que les enseignants qui font autrement ne soient stigmatisés ou empêchés. Elle, ne comptait pas rester dans l’EN, juste prouver qu’autre chose est possible et permettre à ceux qui y sont enfants et enseignants de vivre mieux. 30 ans de métier et autant passé à réfléchir à faire toujours mieux. Je ne me sens pas agressée qu’une jeunette plus brillante que moi réussisse à secouer le cocotier. Tous les inovateurs en bénéficieront.

  5. Bonjour Françoise et merci pour votre article si juste.
    Je le fais suivre.

    Une prof (depuis 23 ans comme vous)_qui_fais-ce-qu’elle-peut.
    E.Cairati

  6. Merci de tout coeur d’avoir exprimé si parfaitement ma pensée.
    Cela m évitera d’avoir à le faire et me libérera donc du temps pour peaufiner mes quelques projets en cours.
    Bien collégialement.

  7. bonjour,
    Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec ce que vous exprimez; ce sont juste des frustrations. Vous accusez les circonstances et il est vrai que les conditions d’enseignement sont en France dans certains endroits déplorables. Je pense qu’au lieu de taper sur Céline Alvarez qui propose quelque chose de différent dans l’approche qui peut se rapprocher de l’enseignement scandinave, comme ce qui a pu être publié sur les cours d’empathie par exemple au Danemark ou même l’enseignement de la méditation aux Usa au lieu de la retenue classique qui sont des initiatives valorisées par la presse. Votre travail n’est pas assez valorisé et c’est dommage et c’est peut être là la solution de faire avancer les choses et de mutualiser des outils comme il peut y en avoir sur le sujet du harcèlement et de l’égalité filles garçons. Il est difficile faute de moyens de lever la tête du “moteur” et de prendre de la hauteur. Quitter l’éducation nationale au bout de trois ans n’est pas de mon point de vue un abandon mais plutôt le fait de chercher à se rendre utile et à vous aider à prendre de la hauteur en quelque sorte. Maintenant quand on est enseignantE, on évolue dans un système très hiérarchisé et très conditionné et dans un système médiatique qui appuie sur le fait que les enseignantEs quoiqu’elles ou ils fassent n’en font jamais assez et que quelles que soient les politiques éducatives choisies sans consultations de ce qui peut se faire sur le terrain, c’est de leurs fautes. Changer de paradigme vous ouvrirez les portes d’un autre point de vue qui serait plus valorisant et plus satisfaisant, ou pas ! il n’y a pas que du négatif dans les propositions de Celine Alvarez !

    • Les propositions de Céline Alvarez sont excellentes quoiqu’il serait bon de ne pas lui attribuer des propositions qui ne lui appartiennent pas : merci Madame Montessori. Le problème c’est de croire que c’est nouveau ou jamais fait au sein de l’éducation nationale, ou que c’est LA solution miracle …

    • Tout à fait d’accord avec jess. Je pense que vous avez lu l’article à la vitesse grand V car l’auteure ne dit rien de mal de Céline Alvarez.

  8. Je suis PE. J’ai un fils autiste (autrefois appelé Asperger). Le destin nous a amené à l’étranger, le hasard a fait que l’école française locale n’ait pas de place/voulu de mon fils. Bref, Hugo s’est retrouvé dans une école Montessori (authentique, je précise car il y a beaucoup de charlatans) lui s’est épanoui et moi… je suis entrée au paradis pédagogique. Les enfants apprennent de la meilleure manière qui leur convienne. Les notions les plus complexes sont introduites très simplement toujours avec un support visuel et tactile ce qui permet à mon petit Hugo de me parler du groupe nominal, de prépositions et de conjonctions en Ce1. Il y a plein de sites sur l’éducation Montessori donc je ne vais pas m’étendre. Mais il faut voir comment fonctionne une classe Montessori pour se rendre compte que notre manière d’enseigner n’est peut-être pas la plus efficace ni la plus respectueuse du développement des enfants. Donc Céline Alvarez peut nous taper un peu sur les nerfs, ça ne devrait pas nous empêcher de nous poser de vraies questions.

    • Ah oui et combien sont ils d’adultes pour combien d’enfants dans une classe?…
      Peut etre faudrait il,comparer ce qui est comparable…

      • Bonjour, mon fils de quatre ans est en moyenne section. Classe double niveau petite section et moyenne section. Il me semble qu’ils sont 24 en tout. Une enseignante et une atsem. École publique. Pédagogie inspirée justement de Mme Alvarez depuis la rentrée pour cette classe. L’enseignante est nouvelle, cette méthode est donc inédite pour mon fils. L’année dernière il était dispersé, agité, même violent et insolent parfois. On me disait qu’il savait beaucoup de choses, etait très curieux mais gâchait tout par son comportement. Il était régulièrement puni en étant mis a l’écart. En quelques semaines il est devenu très calme, attentif, appliqué et enfin heureux d’être à l’école. Depuis la rentrée il n’a eu aucun trouble du comportement dans sa classe. Mon fils n’est pas plus facile en ayant grandi cet été! Pour preuve après la classe il devient vite remuant et débordant d’énergie difficile à canaliser. Je ne suis pas au courant des informations médiatisées autour de ces sujets, mais pour ma part je ne comprends pas pourquoi les enseignants se sentent denigrés. Cette méthode fait du bien pour mon fils en maternelle, c’est personnel. Mais cela ne m’empêche pas d’avoir du respect pour le travail précieux de tous les enseignants de France qui éduquent nos enfants et quelque soit la méthode. Merci.

    • Avez vous lu l’article madame? Etes vous sûre d’avoir compris ce que veut dire son auteur? Les vraies questions, un tas d’enseignants se les posent depuis belle lurette et bien avant CA. Montessori, j’épouse à 100% en tant qu’enseignante mise à part leurs frais d’inscription ou de formation pour les enseignants intéressés. Avez vous déjà mis les pieds à ce propos dans un établissement à priorité éducative??? Quant à ma fille qui est aussi en CE1 … dans l’horrible système classique français …Eh bien elle aussi me parle des groupes nominaux et des conjonctions. Navrée!

  9. Je ne suis pas enseignant, je ne parlerai pas de ce je ne connais pas, mais il est sur, que si il est une profession à remettre en cause ce n est pas de celle du “maître des écoles” mais celui de “journaliste” mot, qui a ce jour, à mes yeux n’a plus beaucoup d’intérêt !!!! Je me rend compte également, compte tenu des diffèrents commentaires deci delà qu’en fait l’éducation nationale n.est pas une démocratie !!!!

  10. Ah enfin quelqu’un qui me comprend ! Merci !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Je lis cet article comme si c’était moi qui l’avait écrit !!

  11. Moi je suis à l’école publique, dans une commune sans moyens et qui délaisse complètement ses écoles. J’ai une classe de maternelle avec 30 enfants. Les conseillers pédagogiques et autres formations m’ont peu aidée, souvent démoralisée, avec l’impression qu’on me faisait la leçon, et que ce qu’on me proposait était irréalisable. Je me sentais mal à l’école maternelle, avec l’impression de presser les élèves en permanence, de les couper dans leur élan, de leur faire subir un rythme pas adapté à leur âge… J’ai passé beaucoup de temps sur le site Internet de Céline Alvarez et j’ai beaucoup échangé par le biais du forum qui est sur son site. Nous sommes quelques enseignants à faire de même, à nous entraider. Nous prenons des choses de Céline, et d’autres non, nous faisons à notre façon. En tout cas, depuis que je pratique des ateliers autonomes dans ma classe, je me sens libérée. Et c’est en tombant sur son site que j’en ai eu l’idée, que j’ai compris que c’était possible. C.A n’est plus dans l’éducation nationale, mais c’est justement pour partager son expérience et encourager des enseignants de l’école publique (et non hors du publique comme vous le dites) à pratiquer une pédagogie active, bienveillante et centrée sur l’autonomie qu’elle en est sortie. Si elle était restée dans sa classe, elle n’aurait pas pu partager son expérience avec une telle ampleur. Elle nous montre que c’est possible, en REP, de faire réussir ses élèves sans les stresser. On dit qu’elle a bénéficié de conditions exceptionnelles, mais il est possible de fabriquer beaucoup de matériel, et de l’acheter petit à petit, sur plusieurs années. Cela je l’ai également appris en échangeant avec la petite communauté qui s’est créée autour de C.A. La bienveillance, je vous assure, c’est loin d’être la règle dans l’école maternelle, pour en avoir observé quelques unes… Les élèves passent des journées très difficile, à 3 ans, on leur impose tout d’un coup, le collectif, les règles, les activités imposées, c’est dur pour eux, et pour nous aussi ! Moi je me suis vue maltraiter des élèves, les punir, leur crier dessus, perdre patience parce qu’ils étaient intenables, mais ils étaient intenables parce qu’on ne respectait pas leur rythme. C.A nous propose une démarche respectueuse du rythme des enfants, sans brusquer les plus frileux, et sans freiner les plus avides. J’entends dire qu’elle enfonce des ports ouvertes, mais allez dire à des enseignants de maternelle que la punition est inefficace, qu’il vaut mieux mélanger les 3 niveaux, moi quand je dis ça, on me prend pour une folle ! Je pratique les ateliers autonomes dans ma classe depuis la rentrée, ce n’est pas simple tous les jours, ce n’est pas une recette miracle, mais au moins mes élèves font les choses par eux mêmes, petit à petit ils prennent confiance en eux, et ils sont sur le chemin de l’épanouissement.

    • Bonjour, les ateliers autonomes étaient connus et répendus avant la vague alvarez… Celine Alvarez vous aura au moins permis de vous renseigner, mais je vois ces pratiques depuis plus de 10 ans dans les classes. Pas chez tout le monde, mais c’est quand même courant en mater…

      • Ce qu’a fait Alvarez s’appelle aussi de la vulgarisation !
        Bravo a vous Jess si cela fait 10 ans que vous le faites dans votre classe ! Mais alors pourquoi ne pas l’avoir partagé avec le plus grand nombre comme C. ? 😉 Il y a plein de jeunes profs qui se noient et rament et pour qui la parole de cette nouvelle pédagogue chercheur fait un bien fou. Mais pourquoi cela est-il si dur à accepter ?

      • Les ateliers autonomes j’en avais vu quelques-uns oui, mais le fonctionnement autonome toute la journée, je suis désolée, mais c’est extrêmement rare. Ce n’est pas “courant” de travailler toute la journée en fonctionnement autonome. Tout simplement parce qu’on ne nous apprend pas du tout cela à l’IUFM. D’ailleurs, ce n’est pas encouragé par certains Inspecteurs, le mien par exemple, me déconseille de fonctionner de cette façon. Dans les 3 écoles maternelles où je suis passée, quand je parlais de fonctionnement montessori dans le publique, on me regardait avec de gros yeux.

  12. Trés bien si vous avez commencé à changer vos pratiques avant le boom celine alvarez. En tout cas, elle a fait réflechir d autres personnes qui étaient formatés EN. ( c est une prof d école elle meme qui me l a dit!) Et grace à cette prof d école mon enfant béneficie d une approche montessori et bienveillante. Je suis vraiment admirative de son changement de cap. Malheureusement, nous n avons pas bcp de prof d école comme ça. J ai fait un an d ief pour redonner de l estime de soi à mon premier, on a tt simplement réussi à le bloquer sur le graphisme car en ms, il n était pas assez bon…. donc, je crois qu elle a raison de remettre en cause le fonctionnement de l’en. Ce n est pas vous qui etes visé mais cette absence de formation et de non utilisation des derniéres études scientifiques au niveau de l état. Et, d ailleurs, je trouve qu elle ne vise personne. Elle montre juste qu autre chose est possible! Nous sommes pleins de parents à en avoir ras le bol de certains profs de l’en et, pourtant, dedans, il y a des perles mais je vous assure qu on les cherche. Merci pour ceux que vs faites pour les enfants et médiatisés ou non, l important est tout ce que vous apportez aux enfants . ☺

  13. Madame,
    Tout comme bon nombre de mes collègues profs des écoles qui se sentent injustement remis en question dans leur métier pas le battage médiatique autour de Céline Alvarez, vous n’avez manifestement pas lu son livre. Dommage. Si vous l’aviez fait vous vous seriez aperçue qu’elle ne dénigre pas les profs, mais qu’elle propose des pistes de bon sens. Nous sommes nombreux à explorer depuis longtemps certaines de ces pistes, mais il faut bien l’admettre, souvent à contre-courant de la doctrine imposée par le ministère. Lisez son livre, Madame, sans écouter les commentaires fumeux des journalistes et des commentateurs qui dénaturent son propos. Bien cordialement.

  14. Ah que ça fait du bien ! Si on pouvait avoir le même battage médiatique pour cet article si juste, écrit par un véritable enseignant qui n’a pas la prétention d’avoir inventé l’eau tiède, qui œuvre jours après jours à ouvrir un horizon à TOUS les enfants… La “méthode” Celine Alvarez n’est pas nouvelle, non, certains (dont moi) l’appliquaient déjà depuis fort longtemps sur les traces d’une certaines Maria Montessori. Elle avait écrit, et c’était même affiché dans ma classe, “Apprends moi à faire seul, ne fais pas à ma place mais ne sois pas absent”. La seule différence avec madame Alvarez ? J’avais 35 élèves et nous étions deux adultes : une ATSEM formidable et moi ! Jamais aun inspecteur n’est venu me chercher des poux sur la tête et je suis même devenue formatrice ! Alors assez de dénigrement, que la recherche cherche AVEC nous et pas contre nous. Les enfants valent mieux que cette vision manichéenne de la méchante institution contre des faiseurs de miracle, les enseignants n’ont vraiment pas besoin qu’on leur écrase un peu plus les orteils… Ils ont déjà tellement mal aux pieds !

  15. C’est la première fois que je commente un article… Parce que Céline Alvarez ne pourfend pas les profs “pourris”, ni de dit jamais que ceux qui ne l’aiment pas sont des aigris ou des méchants. Elle ne se positionne jamais en “victime” de l’éducation nationale… Les médias ont fait des raccourcis qui ne correspondent absolument pas à l’esprit de sa démarche.
    Je ne peux que vous encourager à lire son livre, vous serez ainsi plus à même d’en parler, et vous verrez que vous avez sûrement plus de raisons d’adhérer que de critiquer. Si je peux me permettre, il ne faut pas se tromper de cible….

    • Je suis reconnaissante à Céline Alvarez parce qu’elle a le courage de concrétiser un idéal. Elle ne critique pas les enseignants, elle nous fait prendre que ceux-ci se heurtent à des difficultés qui ne dépendent pas d’eux et par la même, elle les déculpabilise.
      En effet, elle montre que certains moyens humains et matériels ainsi qu’une bonne connaissance des lois naturelles d’apprentissage sont nécessaires pour que l’école fonctionne.
      En revanche, je me demande s’il est bon de vouloir apprendre à lire aux enfants dès l’âge de 4 ans. N’y aurait-il pas d’autres priorités?

  16. Merci Corinne… Oui, je signe aussi, en toute humilité, avec mes mains tachées de cambouis et d’encre de stylos qui fuient, de fluo aussi, de stylo d’effaceur qui ne s’efface plus… Bref, je tâche d’être à la hauteur de ces élèves, quelle que soit leur taille, avec leur désir de grandir…
    Avançons de nos petits pas …

  17. Pour avoir écouté pas mal de ses conférences, j’ai été agréablement surprise de ne pas l’entendre critiquer les profs! Au contraire, je pense quelle aimerait modifier le système avec tout le monde. C’est ça que je trouve innovant! Je pense que le soucis est d’ordre médiatique. Elle a besoin des médias pour démocratiser sa parole mais les médias ont besoin de clivage et de polarisation pour intéresser les lecteurs et auditeurs. (Buz et polémique) Donc difficile de travailler tous ensemble vers un même but!

  18. Merci, merci !!!

    Vous résumez ma pensée. C’est exactement ça !
    Il n’y a pas de pédagogie parfaite, il n’existe pas de formules toutes prêtes à appliquer. Non, non, nous ne travaillons pas avec des machines. Et les donneurs de leçons, j’en ai marre !

  19. Et bien moi je ne suis pas du tout d’accord avec votre article!
    Je suis le travail de Céline Alvarez depuis ses débuts dans le projet de Genneviliers. Non elle ne dénigre pas l’école ni les profs! au contraire!!! Elle veut juste montrer qu’une autre manière de faire est possible et qu’on a le choix de la suivre ou non. Que concilier apprentissages et lois naturels de l’enfant permet aux enfants d’apprendre beaucoup plus facilement, sans effort, naturellement… et permet donc aux enseignants de ne plus être éreintés par cette difficulté que nous avons lorsque nous ne respectons pas les besoins réels des enfants, les recherches en sciences cognitives appuyant tous cela… Un enfant est naturellement intéressé par les apprentissages, si ce n’est pas le cas ce n’est pas l’enfant le problème (” il est paresseux” “il ne pense qu’à jouer ” et j’en passe…) mais l’apprentissage qui n’est pas adapté à l’enfant et au moment où on lui propose ( par ex la lecture c’est avant 6 ans pour être “naturellement intéressante pour les enfants” etc…)
    bref lisez son livre, écoutez ses conférences, parcourez son blog où toutes ses ressources sont en partage pour les enseignants de l’école publique…Tout est partage et aide pour nous……Sortons de notre zone de confort!!!

  20. Merci à tous pour tous vos commentaires. D’accord, pas d’accord… J’ai écrit cet article en attendant ma fille au conservatoire alors qu’elle avait son cours de solfège, sans imaginer une seconde qu’autant de personnes le liraient. Cela me touche beaucoup que ce texte écrit sur une impulsion soit si partagé.
    Je pense que ce que j’écris “ne tape pas” sur Céline Alvarez, comme certains le croient. Relisez-moi et regardez combien je trouve que c’est formidable que grâce à elle, on partage davantage sur ce type de pratiques. Par exemple, je me félicite de lire combien ce qu’elle partage (gratuitement) sur son blog est précieux pour de nombreux enseignants. Ce que j’apprécie nettement moins, c’est le battage médiatique, le “storytelling”, qui construit autour d’elle une fiction de martyre, alors qu’elle a choisi délibérément de ne pas enseigner. (Ce qui, pour une passionnée d’enseignement, est tout de même étrange.) Je n’aime pas trop non plus le message implicite qu’on nous délivre à travers cette histoire: la solution viendrait de financements privés. J’ai l’impression (voir mon article précédent sur le Projet Voltaire) qu’on veut nous grignoter l’école publique du dehors en nous vendant insidieusement l’idée que nous ne sommes pas capables de produire en interne des ressources efficaces qui font bouger les choses. Mais allez voir les ressources académiques et constatez combien la pédagogie du niveau maternelle est parmi les plus inventives de tout notre système. Les collèges et les lycées ont beaucoup à apprendre ce ce qui se fait aujourd’hui dans nos maternelles. Ne faisons pas comme si dans nos écoles il n’existait pas de profs “Freinet”, ou d’autres qui s’inspirent de Montessori, sans avoir forcément 10000 euros de crédits pour équiper leur classe, financés par des groupes privés obscurs, aux dents longues. Et puis, je suis comme ça, je me suis toujours méfiée des publicités pour les produits miracles.
    Relisez la dernière phrase de mon article: il faut que le changement vienne de l’intérieur de l’école, on n’arrivera à rien si on considère que la seule instit super de toute la France a dû fuir à toutes jambes tellement c’était un monde insupportable. C’est dangereux si les journalistes développent ce qui ressemble plus à des discours anti-école publique plutôt que des discours pro-méthodes actives. J’ai lu les articles des journaux, j’ai lu les commentaires des quidams sous ces articles, et c’est souvent sur les profs de nos écoles, qu’on tape, en l’occurrence. Et que personne ne se méprenne, je suis la première à être pour les pédagogies actives, bienveillantes, les projets, les expériences, la recherche avec les universitaires, le partage de l’innovation, et la sortie de nos zones de confort…

    • La solution ne vient pas des financements privés, ce serait tout a fait possible d’équiper une classe avec du matériel montessori si nous avions le droit de faire nos commandes où nous le voulons. En ce qui me concerne, j’ai 1000 euros pour l’année, ce serait largement suffisant pour acheter au moins la moitié du matériel. Cela veut dire qu’en 2 ou 3 ans on a tout ce qu’il faut. Mais nous sommes obligés de commander chez Majuscule, où il n’y a pas de matériel montessori. Par contre, des collègues ont fait la demande à leur mairie, et cela a été accepté, elles ont donc pu équiper leurs classes. Ce que propose CA est réalisable.

    • Merci beaucoup pour votre article et votre commentaire “de commentaires”.Je n’ai pas grand chose à ajouter…
      Cependant depuis 2 ans j’ai été effarée de voir la publicité et le lobbying qui a été fait par les médias autour de C.A. J’ai été enseignante pendant 40 ans en maternelle et en école élémentaire, et directrice d’école maternelle: quelque soient les programmes, je me suis toujours attachée à ce que les élèves soient motivés pour apprendre. Pour avoir travaillé pendant de nombreuses années au sein de l’IREM de Bordeaux, je sais parfaitement qu’il existe des méthodes pédagogiques qui tiennent compte des conceptions initiales et des compétences de chaque élève mais l’école est faite pour “apprendre aussi avec les autres” et pour être confronté aux autres (le conflit socio cognitif de Piaget). Alors, il n’y a pas une seule pédagogie, comme on voudrait nous le faire croire mais autant de pédagogies que d’enfants avec une ligne de route qui permette à chacun de s’épanouir et d’avoir envie de venir à l’école.
      Concernant le “matériel”, il ne me semble pas indispensable d’acheter du matériel dit Montessori qui fleurit dans toutes les enseignes et sur lequel les familles et enseignants se jettent. Merci pour le marketing.
      Je suis sûre que dans toutes les classes il peut y avoir du matériel qui permette aux élèves d’avancer et de faire des ateliers “autonomes” ou à 2 ou à plusieurs. Mais, le rôle du maître n’est-il aussi pas d “élever” ces élèves et de les amener au delà de leur zone proximale de développement: ils sont bien plus “doués” et “savants” que l’on ne croit: il faut juste trouver les bonnes portes d’entrée qui ne sont pas les mêmes pour tous. Mais c’est bien cela le travail de l’enseignant, n’est-ce pas?
      MLR

  21. Est-il nécessaire pour parler de plomberie de ne pas être plombier ? Pour parler de musique de ne jouer d’aucun instrument ? “Ce bougre-là n’est pas seulement capable de faire cuire un oeuf”, disait Danton de Robespierre ; et il ne voulait pas dire par là que Maximilien aurait dû donner des leçons de cuisine.
    Alors pourquoi les pédagogues auto-proclamés sont-ils systématiquement des ministres dégraisseurs de mammouth ou des gourous de secours, qui préfèrent conseiller une pédagogie que de l’appliquer eux-mêmes ? Est-ce vraiment indigne d’un “pédagogue” de f…e ses p…s de mains dans le cambouis ?
    Et bien sûr, le c…d de “pédagogue” va reprocher à l’e…é d’enseignant de se comporter envers l’élève comme lui-même (le pédagogue) se comporte avec l’enseignant. “Faites ce que je dis, et pas ce que je fais” : l’enfer de toute pédagogie, surtout chez Montessari ou Freinet.

  22. Merci pour cet article, il y a beaucoup à dire sur le traitement médiatique et le buzz, mais je suppose qu’ils ont leur rôle à jouer pour faire bouger les choses. Seulement renseignez-vous quand même. Vous supposez que la démission de Céline Alvarez était planifiée, c’est une supposition. Elle a dit que ce n’était pas sa vocation de départ, pas qu’elle était devenue prof pour partir 3 ans après. D’après ce que je sais (et je peux me tromper), les raisons de son départ sont politiques (changement de gouvernement et retrait de son soutien, parce que son AVS était financée par une asso privée plutôt à droite), et idéologiques, parce qu’on lui a proposé de reconduire son poste au même endroit mais sans son matériel et son AVS malgré les résultats obtenus. Dans ces conditions, est-ce que vous seriez restée ???

    • Vous soulevez l’un des problèmes: si nous partions de nos établissements de banlieue parce que nous manquons de moyens, il n’y aurait plus personne. Non seulement je serais restée, à sa place, mais là où j’enseigne, dans la réalité, je reste malgré des conditions matérielles assez difficiles au quotidien.

      • Si elle n’était pas partie, elle n’aurait pas pu communiquer sur son expérience. On ne peut pas tout faire. Il y a ceux qui restent et qui oeuvrent et c’est très bien, et il y a ceux qui préfèrent partir et oeuvrer autrement. Pourquoi opposer les uns et les autres ? Pourquoi la juger ? Parce que “vous” auriez fait autrement ? Mais vous êtes différente, chacun son chemin, un peu de tolérance.

  23. La prof que je suis et qui se démène tous les jours pour TOUS ses élèves vous dit juste MERCI. Votre article me touche tellement.

  24. Et le soutien actif de l’Institut Montaigne, ça ne chagrine personne ? Serait-ce un simple effet du hasard ? Ce groupe de droite extrême aurait-il découvert et adopté une attitude (très pédagogique) de neutralité bienveillante vis à vis de nos chers petits abandonnés aux affres des classes de notre éducation nationale ?

  25. Merci pour cet article. Quand on a les mains dans le cambouis chaque jour, heure après heure et qu’après plusieurs dizaines d’années on essaie encore des trucs qui marchent ou qui foirent, on sait bien que les méthodes miracles n’existent qu’avec une énergie phénoménale, sur un temps restreint et dans des conditions particulières. Des moments de grâce qu’on a tous connu, mais qui se payent en moments de galère. Merci encore pour ce retour à la réalité.

  26. Comme vous le dites si bien à la fin: ce n’est pas celine alvarez le pb. Mais la façon dont les médias traitent le sujet.

    Je pense profondément qu’elle ne fait pas du tout ça pour taper sur les profs -par contre sur le système oui. Mais que, comme bcp, elle croit que des pédagogies comme montessori ou frenet devraient être offertes à tous, pas à une minorité – et surtout à ceux qui partent avec le plus mauvaises chances de départ.

    Mais c’est vrai, je ne la connais pas. Je ne sais pas ce qu’elle pense, ce qu’elle vote, qui sont ses soutiens… Et en fait je m’en fous. Parce que je vois une occasion rêvée de mettre ces pédagogies sur le devant de la scène.

    Elle ne voudrait pas être instit? Mais tant mieux!!!
    Tant mieux parce qu’alors la patience qu’elle a eue elle n’aurait pas pu l’avoir pdt 20 ou 40 ans comme la plupart des enseignants. Et tant mieux parce que si elle était devenue instit, elle n’aurait pas pu s’investir dans la diffusion de ces idées, dans la formation des enseignants à qui l’éducation nationale n’offre pas la possibilité de le faire, dans la médiatisation de Ces pédagogies – parce que oui j’ai entendu qu’elle “surfait sur la vague”, mais même si je conçois très bien que ce soit très désagréable pour les profs, je pense qu’on a BESOIN de cette médiatisation pour faire bouger les lignes!! Puisque les gouvernements sont incapables de s’attaquer vraiment au problème de l’inégalité des chances. Nos enfants ont BESOIN que les choses changent!!!

    Alors c’est super si elle est à la promo et vous dans la vraie vie. Chacun a son rôle et vous œuvrez dans le même sens!

    Vous dites qu’elle vend du rêve. Je l’ai entendue, furieuse, expliquer qu’on ne devrait pas mettre en avant dans les journaux que les enfants pouvaient apprendre à lire à 3 ans car c’est une minorité et que ce n’est pas ça qu’il faut retenir de cette expérience (et ne me dites pas que vous pensez que les journaux ne peuvent pas faire les gros titres comme ils l’entendent!!). Que ce qu’il faut retenir c’est la BIENVEILLANCE et le fait que les enfants peuvent RATTRAPER LEUR RETARD !!!

    Personnellement, depuis que ma fille est scolarisée à l’école du quartier (une école classée REP dans une ville surendettée donc complètement dépourvue de moyens), je suis révoltée. Ça fait plus de 3 ans mais la colère ne passe pas.
    Comment peut-on, en 2016, faire le constat effarant que l’égalité des chances en France est une arnaque monumentale sans avoir envie de faire péter le ministère???
    Je sais que bcp d’enseignants pensent exactement la même chose.

    Ne serait-ce que financièrement, Comment accepter:
    – que les locaux des écoles soient fournis pas les mairies (chez nous, les toits s’effondrent, hop, pas d’école pdt 2 semaines)
    – que les budgets des classes soient alloués par les mairies (ah vous être surendettés dommage, vous leur apprendrez à lire avec des manuels de 1912, de toutes façons ils n’arriveront pas jusqu’à bac alors…)
    – que l’argent des sorties scolaires provienne de la COOP, càd…des parents…. Donc à quartier riche super sorties, à quartier pauvre, budget mini….

    L’argent va au riches aussi dans l’éducation!!! En 2016!!! Et on parle d’égalité des chances????
    Et ne me parlez pas des subventions pour les REP!!! Elles ont été ratiboisées!!

    Évidemment qu’il y a des profs supers, et aussi dans ces quartiers! Évidemment qu’il y a une bonne proportion des enseignants qui se battent pour faire grandir et avancer chaque élève de leur classe, même si ça représente des heures et des heures de boulot. Qui cherchent encore et tjs de nouvelles méthodes pour que les apprentissages se fassent encore mieux ou soient adaptés à chacun.

    Et en tant que parent d’élève je remercie au quotidien ces gens de faire ce qu’ils font, par mes mots mais aussi par toute l’aide que je peux leur apporter à ma petite échelle.

    Céline alvarez sert aussi à mettre en lumière tous ces gens-là dont on ne parlait pas et qui préparaient déjà à leur façon l’école de demain.

    Mais on ne peut pas nier qu’il y a aussi bcp d’enseignants démunis dans la profession.
    Que vous n’êtes même pas formés au B.A.BA, càd à gérer un groupe d’enfants…humainement s’entend. Au bafa on nous apprend ça, et sur le terrain on est un animateur pour 12 enfants maximum et on travaille en équipe. Dans la formation des enseignants c’est l’impasse totale, alors qu’ensuite ils se retrouvent SEULS devant une classe – pour la plupart.

    Et on ne peut pas nier qu’il y en a un nombre bien loin d’être négligeable qui hurlent ou humilient. Parce que la bienveillance ça ne s’apprend pas dans les livres. C’est un travail épuisant de patience et de foi – que chaque enfant a un potentiel en lui, même s’il n’y paraît pas. On l’apprend où, à faire ça, surtout si on n’en parle pas???

    On ne peut pas nier non plus qu’il y a encore bcp d’enseignants aussi qui pensent que donner à chaque enfant un travail à son niveau – faire de la différenciation pédagogique – est une masse de travail trop importante… ou qui ne sait même pas que c’est possible… ou comment le mettre en œuvre.

    Et c’est vrai que c’est beauuuucoup de boulot quand on est 1 pour 30. Je le comprends.
    Mais alors si on a une méthode qui promeuve l’autonomie pour que chaque enfant fasse à son niveau en permettant à l’enseignant de ne s’occuper que d’un enfant à la fois, ne croyez-vous pas que ça vaut le coup de la diffuser le plus largement possible? Si, évidement, vous le pensez. Même si la forme vous gêne. Et je suis sûre que vous le faites à votre échelle, dans votre établissement, avec vos proches, dans vos formations…. C’est juste que si on peut accélérer les choses en agissant à plus grande échelle, n’est ce pas au final dans l’intérêt de tous.

    Moi, maman révoltée, je voudrais vous dire merci. Merci à vous et merci à tous ceux qui œuvrent profondément dans l’intérêt de l’enfant.
    Merci pour tout ce que vous faites. Merci tellement.
    Maintenant, en partie grâce à Céline alvarez, (que personnellement je n’envie pas parce que passer par l’épreuve des médias ça doit être aussi blessant que valorisant), ça va commencer à se savoir. Votre travail va être reconnu. Et ça pour moi c’est une victoire. Une victoire pour tous.

  27. Difficile de réagir à tous ces messages. Je n’ai ni envie de critiquer Céline Alvarez qui a le mérite de dénoncer des dysfonctionnements pédagogiques sans dénigrer les enseignants qui restent dans le système et tire le diable par la queue.
    Chacun fait ce qu’il peut avec le peu qu’il a compte tenu du nombre d’élèves.
    On le sait les journalistes en mal de papiers cherchent le sensationnel et dichotomisent à outrance.
    Les vrais journalistes font des enquêtes sérieuses et ne tranchent rien à l’emporte-pièce.

  28. Après avoir lu votre article et les différents commentaires présents à la suite, je pense qu’il est bon de recentrer le débat, Celui-ci ne se porte pas sur l’intégrité et les performances de Céline Alvarez qui est reconnu de tous ici, mais plutôt, sur le rôle des médias, des journalistes et du bien tortueux message qui est véhiculé à travers eux…j’ai envie de dire, une fois n’est pas coutume…On commence à prendre habitude.

  29. Bonsoir,
    Je ne veux dénigrer ni critiquer personne, juste apporter un tout petit point de vue.
    Ce que j’ai lu et entendu des mots de Celine Alvarez, elle ne se posait pas en supérieure aux pauvres instits (quoique un peu irritante de certitudes parfois), mais en tant que chercheuse venue vérifier “in vivo” ses théories. Attitude qui peut être critiquée, mais qui n’est pas celle de quelqu’un qui quitte le navire, puisqu’elle n’y est jamais vraiment montée en réalité.
    Je lui tire cependant mon chapeau pour deux choses: avoir tenté et réussi le concours plutôt que d’être passée par la case “recherche pure”, pas mal quand on ne compte pas rester dans l’EN ; et savoir admirablement se servir des médias, car enfin malgré les déformations journalistiques, on parle de ses travaux et de nombreux enseignants sont re-dynamisés dans leur désir d’expérimenter au quotidien, et ça c’est chouette !
    (Ceci étant je comprends qu’elle puisse énerver, elle est parfois limite suffisante en radio…. ;-). )

  30. Je n’ai pas été influencée par les média, je n’ai rien lu et entendu à propos de Céline Alvarez. Je ne suis pas enseignante, je suis grand-mère et m’occupe de mes petits enfants ponctuellement! je suis simplement tombée sur son livre en librairie, en ai feuilleté quelques pages qui m’ont donné envie de l’acheter et je ne le regrette pas!
    Ce que j’y ai trouvé me semble intéressant à plus d’un titre et pas seulement pour les enseignants! mais aussi pour les parents, les grands-parents, toutes les personnes qui ont en charge, même occasionnellement, de petits enfants et qui se sentiront concernés par ses propos s’ils prennent le temps de le lire avant de critiquer! Ce que cette jeune personne, Céline Alvarez a à dire et à partager, c’est une meilleure façon d’aider l’enfant à grandir et à s’épanouir, ce qui facilite l’apprentissage, je ne vois là ce qu’il y a de choquant et de méprisant pour le corps enseignants!

  31. Merci pour cet article.
    Bien que Céline Alvarez permet de médiatiser une approche intéressante, elle met les autres dans l’ombre. On dirait qu’il n’y a qu’elle qui a de bonne idées. Je lai vue une fois en conférence: une fois son intervention terminée, une foule de gens s’est amassée autour d’elle et elle a organisé une sorte de réunion improvisée, n’écoutant pas les autres intervenants et les gênant même. Le respect de l’autre fait pourtant partie de l’apporche montessori non? Autre chose, elle vend l’approche Montessori comme un miracle… Pour moi c’est avant tout l’être humain qui met en peuvre une pédagogie et sait la faire évoluer qui est important. De ce que j’ai cru comprendre, elle n’entretenait pas de bonnes relations avec les autres instits de son école, n’étant pas très ouverte aux propositions d’autrui…

    • Non, en effet, madame Alvarez n’est pas très ouverte aux propositions de l’autre….. je vous le confirme pour en avoir fait la cuisante expérience. …. échangeant avec elle via son compte Facebook (qu’elle a fermé depuis la parution de son livre) elle m’a purement et simplement bloquée au bout d’un certain temps …. j’ai trouvé cela extrêmement violent et déplacé pour une personne qui prône empathie et respect….. pour avoir tenté de comprendre , j’ai cherché à la joindre autrement…. elle m’a expliqué qu’elle sentait que mes propos ALLAIENT devenir agressifs et elle me proposait de continuer les échanges plus tard à condition qu’ils soient constructifs… j’ai bien compris qu’il ne fallait pas avoir d’avis contraires ou même simplement de tenter d’y apposer vos propres expériences professionnelles mais que seuls les retours dithyrambiques étaient recevables…. c’est depuis ce jour là que le doute sur son expérience à commencer à poindre et j’étais loin de penser au buzz médiatique qui s’annonçait. … dommage. … le fond était extrêmement intéressant mais on peut dire, sans agressivité, que la forme laisse à réfléchir. ….

  32. C’est étonnant : votre titre ne convient pas du tout au contenu de l’article. Votre article fait ressortir 2 points : Céline qui quitte le navire bien trop tôt à votre goût et qui prêche la bonne parole + les médias sont vraiment too much et caricaturaux… et votre titre aussi !

    Au final, votre titre est aussi bien rédigé que celui d’un journaliste qui cherche le clic/buzz !
    Certes, elle est peut-être restée que 3 ans, certes elle fait le tour des médias mais surement qu’elle a le temps de le faire pour les profs qui à mon sens, ne savent pas bien mettre en valeur leurs actions/motivations/engagements/recherches… Peut-être que vous n’avez pas le temps de le faire, pt être que vous n’avez pas envie, pt être que vous ne savez pas le faire. Céline a au moins le mérite de faire resurgir le débat. Serrez-vous les coudes plutôt que de râler et créez ensemble une dynamique plutôt qu’une controverse. Utilisez les médias vous aussi ! Soyez positive et laissez de côté les polémiques qui à mon sens ne font pas avancer le débat de fond qui consiste à former nos enfants dans de bonnes conditions. Bon courage !

    • Vous savez, ce blog est destiné à 30 amis en général et pas du tout à 12000 personnes comme c’est le cas pour cet article en une seule journée: je me moque absolument du buzz, de l’idée de la moindre célébrité. J’ai seulement voulu exprimer un point de vue personnel et je n’imaginais pas une seule seconde que cet article serait autant partagé. Je n’ai rien à vendre, pas comme certains. Je suis quelqu’un d’extrêmement positif dans la vie: lisez mes autres articles si vous en doutez. Il me semble que le titre est repris dans l’article au moment où je parle des professeurs qui ont les mains dans le cambouis, par exemple. Après, vous pouvez toujours en faire une analyse stylistique, il n’était pas rédigé dans l’intention de faire scandale. 😉

      • “Céline” a manifestement des disciples, qui mordent plus vite qu’ils ne devraient, et qui oublient de lire – et même pas entre les lignes car l’article est clair et ne vise pas à fustiger celle que l’on vend comme le Messie. Ce que je lis dans cet article, ce n’est pas de la jalousie à l’égard de Céline Alvarez dont l’auteure reconnaît les compétences et la validité des conseils, mais du dépit face au traitement qu’en font les médias.

  33. Je m’interroge….avez-vous utilisé les lettres rugueuses ? pas besoin d’avoir les poches pleines d’or pour en fabriquer, la coopérative scolaire peut très bien pourvoir à l’achat de papier abrasif et vos petites mains font le reste.
    Un proverbe chinois dit que celui qui a déplacé une montagne a commencé par déplacer les petites pierres…..

  34. Voici les mots de la première intéressée, C.Alvarez, elle même…
    SI ça peut vous faire cancer votre regard /

    “Chers amis, enseignants, parents, professionnels de l’enfance ; à tous ceux qui oeuvrent pour l’épanouissement de nos enfants : j’espère que cette rentrée fut belle et pleine de chaleureux moments ! Je suis si heureuse à l’idée que cette rentrée scolaire propose pour davantage d’enfants un fonctionnement éducatif plus adapté. De plus en plus d’enseignants transforment en effet progressivement leur pratique, en engageant une énergie et des ressources personnelles extraordinaires. Les choses avancent à grande vitesse grâce à eux et à tous ceux qui travaillent dans le même sens au quotidien. Notre gratitude envers vous est immense. Merci et bravo !
    De mon côté, la rentrée fut mouvementée (Matinale de France Inter, C à Vous sur France 5, France 3) et je n’ai cessé de penser à vous : lorsque je fais chacune de ces interventions, j’essaie au mieux de dire tout haut ce que nous sommes nombreux à ressentir, ce que de merveilleux pédagogues n’ont eu de cesse de répéter, et ce qu’aujourd’hui la recherche confirme. Cela n’est pas évident, s’exposer médiatiquement est un exercice difficile. J’essaie de le faire de mon mieux, et je suis aidée pour cela d’une équipe extraordinaire. Ces prises de paroles vont se poursuivre dans les semaines à venir, aussi, l’incroyable énergie qui se dégage de nos rencontres me manque, je suis certaine qu’elle me redonnerait des forces. Si vous êtes à Paris demain, je serai à 15h au Carreau du temple pour le Forum Fnac. J’échangerai avec mon amie et brillante pédiatre Catherine Guéguen à 15h. Cet échange de 45 minutes sera suivi d’une plage de 3h de dédicace de mon livre paru le 31 août “Les lois naturelles de l’enfant.”
    En espérant vous retrouver,
    Avec mon amitié et la gratitude la plus sincère <3
    Céline"

    Pas de dédain, que de la bienveillance,
    Allez haut les coeurs, et ne baissez pas les bras, vous êtes tous et toutes formidables !

    • Bonjour,
      ce que vous appelez bienveillance peut quand même ressembler à une belle stratégie commerciale.

      • En effet…. on peut appeler cela aussi de la démagogie. …. qui peut croire un instant à ces trop beau discours. ….

  35. Je ressens un peu la même chose. Je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’elle nous dédaigne, mais il est vrai qu’elle est parfois au moins maladroite dans ses propos et manque de cohérence comme vous le soulignez (prof ou pas ? chercheuse ou pas ? élèves ou cobayes ? scientifique ou pas ?). Est-elle sincèrement bienveillante ou essaye-t-elle de nous vendre son livre ? Le doute est permis à partir du moment où, effectivement, elle avoue ne pas avoir voulu être prof, avoir “infiltré l’éducation nationale” et où il y a un enjeu économique derrière.

    L’un des problèmes de notre système, justement, est d’ordre économique : on ne nous donne pas les moyens, donc nous dépensons notre propre salaire pour pouvoir travailler correctement. Et là, que nous propose-t-on ? D’acheter un livre “best seller” qui va tout régler ? Ah non… qui va devoir nous inviter à acheter aussi plus de matériel car, comme vous le soulignez, le nôtre est souvent un peu tout pourri. Alors que faut-il faire pour être une super-maitresse ? Un bon nombre de ses recommandations sont déjà en place dans ma classe, les autres, je m’efforce d’y réfléchir pour les adapter aux besoin de l’élémentaire… mais après ? Il faut que je dépense encore et encore.

    Son initiative a, officiellement, été arrêtée car ce n’était plus tenable financièrement. Si ça ne l’est pas pour une classe, comment cela le serait-il à l’échelle d’un pays où il n’y a déjà pas assez de profs ?! La vraie révolution aura lieu lorsque les moyens seront donnés aux enseignants.

    En attendant, nous n’avons pas le choix : nous faisons comme nous pouvons, du mieux que nous pouvons, nous progressons toujours grâce à nos échanges, au partage, à la générosité et au soutien de nos collègues qui, effectivement, ne baissent pas les bras malgré des conditions qui se dégradent sans cesse. J’ai davantage envie d’applaudir ces collègues partout dans le pays, voire dans le monde, plutôt que de devenir une “disciple” d’Alvarez.

    Autre point important : Je ne dis pas que Céline Alvarez a tord dans ce qu’elle dit dans son livre. On voit mal comment on pourrait se tromper puisqu’elle n’a visiblement pas connu l’échec (ah bon ? magique !), mais surtout parce que son livre est rempli d’affirmations connues depuis quelques temps déjà (bien qu’elles manquent de nuances, de recul, de modestie et de bien d’autres choses). La bienveillance, la question du choix, la pédagogie active… et même la pédagogie Montessori date de près d’un siècle en arrière. Elle ne dit pas que des âneries, mais rien de bien nouveau dans cette prétendue “révolution”. Quant à se baser sur des prétendues “lois naturelles” alors que l’enfant qui arrive a déjà été influencé par 3 ans d’existence dans un milieu social dont on sait que l’importance est essentielle… c’est quand même très discutable ! N’importe quel psychologue ou neuropsychologue sait que tout comportement (et donc toute intelligence) se développe par l’interaction des prédispositions innées de l’enfant avec son environnement. L’école apporte un environnement spécifique, mais il n’est pas le seul dans lequel est baigné l’élève.

    De même, quand je vois un enfant faire une division d’un nombre à 4 chiffres, je me demande quel sens il met derrière tout cela ? A quoi correspond une division ? Peut-il résoudre un problème ? Sait-il à quoi correspond un nombre qui va jusqu’au millier ? Bref, je ne suis pas convaincue que tout soit si parfait. Je peux enseigner l’addition posée à un enfant de 3 ans sans problème, mais je ne sais pas si c’est véritablement ce qu’il faut faire. Les élèves en GS savent parfois compter jusqu’à 900, mais qu’est-ce que cela leur apporte du point de vue de la construction du nombre ? Est-ce par là qu’il faut commencer ? Cela ne risque-t-il pas au contraire d’en faire des “compteurs” qui peinent alors à construire le nombre comme une quantité ? Tant de questions…

    • Merci pour ce commentaire très intéressant, nuancé et très riche. Bravo pour la qualité de votre réflexion: je me retrouve vraiment dans vos propos.

      • Merci ! Je pourrais, à vrai dire, écrire encore des pages et des pages, tant j’ai déjà répondu mille et une fois à mon entourage sur la “polémique Alvarez”… En attendant, je ne peux toujours pas m’arrêter de cogiter :P.

    • Très bien dit ! Je suis pourtant clairement une adepte de la méthode montessori depuis plus de 7 ans et je vais lire le livre de madame Alvarez (j’ai lu les écrits de Maria Montessori) .

  36. Merci pour avoir si bien retranscrit notre vécu de professeurs des écoles et ses réalités ainsi que nos ressentis… même si je continue à penser que l’Education Nationale est bien pourrie quand même!

  37. MERCI ! Ainsi donc ne suis je pas la seule à être gênée par ce double discours (qui revient toute à la fois dans ses conférences et son livre).
    C’est si bien dit.
    Merci, merci.

  38. Bonjour, moi ce qui m’insuporte avec madame Celine Alvarez, c’est toutes les casseroles qu’elle traîne…. En faire, une figure de toutes ces bonnes idées qui sont reprises depuis des années par le corps professoral, risque d’être décribiliser par cette dame.
    Les élèves qui ne s’intégreraient pas dans son système n’étaient pas maintenus dans la classe, pas d’art plastique, pas de récré sauf pour faire des vidéos pour son blog, et j’en passe… bref j’ai du mal à comprendre comment cette femme peut devenir la soi-disant “porte parole” des enseignants.

    • Je ne connais pas personnellement Céline Alvarez et je ne peux en tout cas pas lui faire ce type de reproche: cela supposerait d’avoir suivi directement l’expérimentation de Gennevilliers. Ce n’est pas mon cas, je ne parle que d’un point de vue complètement extérieur.

  39. Je comprends votre tristesse, colère …

    Les médias en font trop …

    Mais faire porter le chapeau à C.Alvarez c’est un peu dommage selon moi. Elle a toujours dit qu’elle n’avait rien inventé, que des profs se bougeaient depuis des années, que le système était à changer pas les profs …

    On est tous ensemble dans le même bateau, dommage de se diviser avec les pro ou anti Céline. On est bien Gaulois …

    Essayons de bosser ensemble, trouver des solutions ensemble …

    Julien
    Instit

    • Elle dit des choses, et son contraire. Le manque de cohérence dans son discours encourage les médias à générer ces polémiques. Elle n’est pas celle qui la provoque intentionnellement, mais elle la nourri par ses maladresses (au moins, certains penseront plutôt à un double discours). Si Alvarez veut unir, il lui faudra évoluer dans sa posture et persévérer pour faire oublier les écarts. Mais vendre un paquet de livres ne lui suffira-t-elle pas ? Ça, ni les prof-CA. ni les anti-CA. ne peuvent le prédire. Seul le temps répondra à cette question.

  40. Je suis professeur des écoles dans l’enseignement privé sous contrat avec 32-33 élèves en classe de maternelle depuis 15 ans et j’utilise, comme beaucoup d’autres enseignants, cette “méthode” depuis des années. Elle a toujours été enseignée à l’ISFEC Emmanuel Mounier (IUFM pour les écoles privées sous contrat) sous le nom de “pédagogie personnalisée”.
    Il est vrai qu’elle a pour avantage de canaliser les enfants, ce qui est bien utile quand on en a plus de 30, cependant une classe de maternelle ne peut pas fonctionner uniquement et exclusivement en plan de travail individualisé. Les enfants ont également besoin de travail en ateliers qui favorise les interactions, de temps collectifs en frontal avec l’enseignant, d’apprendre par les jeux de société structurés ou libres, par les situations problèmes, ETC ETC!
    Donc, premièrement, Céline Alvarez n’a rien inventé.
    Deuxièmement, il n’existe pas une méthode miracle et le plus important, quand on enseigne, est au contraire de varier les approches. Cela s’acquiert au bout d’un certain nombre d’années et pas en trois ans seulement.
    J’aurais donc tendance à penser que Madame Alvarez est une arriviste quelque peu condescendante qui a su y faire pour faire parler d’elle à l’aide de son réseau…et les non-professionnels n’y voit que du feu!

  41. J’ai adoré votre article madame….vos mots et vos tellement élégantes façons de dire me sont allés direct au coeur, moi, enseignante puis formatrice à la retraite… parce que comme vous , j’ai plongé dans l’aventure Alvarez, je l’ai suivie, je m’y suis intéressée comme toute aventures, recherches, réflexions pédagogiques rencontrées au cours de ma carrière. Et puis, l’histoire a pris une autre couleur…. ses films d’abord… lisses, proprets…. prises de vue, musique, interviews de parents enthousiastes ou tellement tristes de son départ …et puis ses résultats exceptionnels voire incroyables… ça ressemblait vraiment à la promotion d’un produit….. et s’en était un….!! le livre a suivi, photos dans match, télérama, émission radio, télé….. bref, ça ne collait plus vraiment à l’idée que j’avais de la recherche pédagogique. …je n’ai rien contre Céline Alvarez , je ne suis ni aigrie , ni jalouse, comme je le lis partout quand on ose émettre des doutes….je suis une heureuse retraitée de l’éducation nationale et j’ai fait une excellente et passionnante carrière….j’aurais pu même oublier sa déroutante façon de me bloquer de son compte Facebook un jour où je n’allais pas dans le même sens de sa réflexion , ce qui m’a autant vexée que déçue … mais quand même, présenter ses recherches, non pas comme une mais comme LA solution miracle, qui réussirait là où tout à échoué n’est ce pas un peu risqué ? Voire même un peu dangereux ? C’est donc mettre un trait sur toutes les autres façons d’enseigner….. c’est considérer que chacun apprend de la même facon…c’est penser l’apprenant comme universel, sans histoire familiale, sans affect … mais après tout , je lui accorde , peut être, pourquoi pas? ….. mais c’est justement ce PEUT ÊTRE qu’elle ne dit pas, qui donnerait toute la dimension à sa réflexion…. cette distance, cette humilité, ce doute qui lui manquent et qui, à mon sens, sont les qualités essentielles des vrais chercheurs en pédagogie, qui , comme toute science qui a trait à l’humain, est une science fragile à manipuler avec beaucoup de prudence …. merci à vous madame , d’avoir écrit ce billet qui m’ a permis de me sentir un peu moins seule…..

    • C’est moi qui vous remercie, madame, pour la qualité de votre message, aussi sincère que nuancé et clairvoyant. Oui, c’est vrai, chercher, en pédagogie, c’est se remettre en question sans cesse!

  42. Bravo ! Voici ce que j’écrivais moi-même quand la nouvelle m’est parvenue par Facebook :
    Sincèrement, je ne vois rien de nouveau dans les images, s’agissant d’une maternelle. Je m’interroge par contre sur l’effectif : difficile de voir plus de 7-8 élèves à la fois. Et s’il s’agit encore de l’entourloupe Montessori, Steiner ou Freinet, à savoir recruter ses élèves dans les classes sociales favorisées, on a déjà donné ! 😉
    Et quelle prétention dans cette citation publiée dans Le Monde : « (si j’ai passé le concours) c’était pour infiltrer le système et parvenir à le changer, pas pour enseigner. Je me laissais trois ans pour proposer un environnement de classe faisant l’effet d’une bombe pédagogique, trouver les bons outils permettant de révéler spontanément tout le potentiel des enfants, et réussir à les diffuser auprès des enseignants. »
    Des prétentieux (ses) de ce calibre, l’E.N. en embauche des centaines tous les ans. 😉

    • Céline Alvarez a enseigné durant ces 3 années dans des classes de 25 à 27 à élèves en REP +… donc dans un milieu défavorisé.

  43. Je suis instit dans une banlieue favorisée. J’ai à coeur, comme beaucoup, de faire le mieux possible avec tous mes élèves, de les élever, c’est à dire amener haut, ce qui veut dire pour moi qu’ils apprennent à penser, à comprendre le monde, à être capables de le critiquer et d’en apprécier les bonnes choses. C’est ce qui donne du sens à mon métier. Et j’ai appris par l’expérience que la bienveillance et l’exigence sont des piliers de l’enseignement. Merci pour votre article que je partage pleinement.

    Le problème principal posé par le phénomène médiatique Alvarez est me semble t-il qu’il participe à orienter toujours davantage les familles vers l’enseignement privé, voire très privé (méli-mélo de hors contrat hors de prix et de pédagogies “actives” dévoyées) sous prétexte d’enseignement alternatif. De belles méthodes (celles de C. Alvarez sont intéressantes et je connais pas mal d’enseignants, en particulier en maternelle, qui les appliquent avec leurs moyens) c’est très bien.
    Mais l’échec scolaire et l’illettrisme ne sont pas la conséquence d’un problème de méthodes (ou si peu) ! Faire croire que l’on peut changer les choses avec de belles méthodes c’est masquer la réalité et empêcher d’autres possibles.

    • c’est exactement le sens de ma réflexion… je n’ai encore pas bien compris d’ailleurs ce qu’il y avait de tellement extraordinaire dans ses propositions…de quelle “bombe pédagogique” s’ agit il ? j’ai comme la sensation que Madame Alvarez n’a pas pris le temps d’aller observer ce qui se pratiquait sur le terrain et en particulier en maternelle puisque c’est ce dont elle parle… ses discours et ses conclusions finissent par paraitre un peu puérils
      ( excusez moi mais c’est le terme qui me vient spontanément), comme si tout à coup elle découvrait LA SOLUTION, la vraie, la seule… Comme vous le dites si bien , c’est masquer une réalité bien plus complexe, c’est en effet empêcher d’autres façons de faire, c’est utiliser la naïveté de certains … pour moi, c’est un leurre… Que les parents s’y retrouvent, ça me désole mais je peux le comprendre…. Par contre que des enseignants plongent, ne se mettent pas en distance et prennent ses paroles au pied de la lettre, ça m’interroge quand même un peu… être pédagogue c’est mettre toutes les chances du côté des apprenants et les chances viennent de différents horizons… alors, multiplier les approches donnent forcément plus de possibles…mais je me trompe peut être…. j’aurais tellement aimé discuter de cela avec elle…;-) … mais Madame Alvarez est inapprochable dans la discussion !!!! elle préfère de loin le monologue !!! 😉

  44. J’ai lu avec le plus grand intérêt et beaucoup de plaisir votre article Madame Cahen. J’ai eu les mêmes réactions que les vôtres au spectacle de l’emballement médiatique que nous avons dû subir pour la promotion de ce nouveau messie de l’enseignement. Cette personne a bénéficié du soutient très efficace de “Agir pour l’école ” satellite de l’Institut Montaigne. Malheureusement beaucoup d’enseignants en recherche pédagogique dans leurs classes doivent faire avec les moyens du bord comme le rappelaient quelques intervenants et cependant participent fort bien à l’épanouissement et la réussite de leurs élèves.
    Mon commentaire arrive un peu tard alors que la vague est passée mais je ne pouvais pas ne pas réagir.
    Merci pour votre article.

  45. merci pour cet article, je partage à 200% votre avis, mais peut être qu’on pourrait faire encore un pas de plus en arrière: Céline Alvarez a mis son projet en place grâce à une association proche de l’Institut Montaigne, soit des valeurs de la droite libérale dont le credo principal en matière d’éducation est que l’école publique ne joue plus son rôle, que la solution unique est la privatisation de l’école, et que la libre concurrence et la main invisible du marché régulera tout. Consciente ou instrumentalisée, Céline Alvarez sert une campagne de dénigrement de l’Education Nationale. Ce n’est pas la première mais ce ne sera pas la dernière non plus, malheureusement.

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